Quantifier les impacts des pratiques agricoles sur la santé des sols
Une étude récente a mis au point une méthodologie permettant de comparer les effets des pratiques agricoles sur six indicateurs de santé des sols. Cette méthode a été appliquée à 13 plans stratégiques relevant de la PAC.
L'étude « Estimation approximative du potentiel de protection des sols des plans stratégiques relevant de la PAC pour la période 2023-2027 » développe une méthode permettant de quantifier les impacts potentiels des plans stratégiques relevant de la PAC (CSP) sur la santé des sols à l'aide de six indicateurs : teneur en carbone organique du sol, azote du sol, capacité de rétention d'eau du sol, densité de compactage du sol, lessivage de l'azote, ruissellement et érosion du sol par l'eau.
L'analyse a porté sur 13 CSP, sélectionnés pour leur ambition en matière de protection des sols et représentant la diversité des conditions pédoclimatiques de l'UE. L'étude indique que les interventions des CSP ont un potentiel significatif pour améliorer la santé des sols. Par exemple, l'analyse a montré une augmentation potentielle estimée de la teneur en carbone organique des sols agricoles dans les 30 premiers centimètres de la couche arable de 0,92 % par an, passant de 0,21 % au Luxembourg à 1,59 % en Roumanie.
La méthode s'appuie principalement sur les bases de données publiques de la Commission. Elle identifie les pratiques agroenvironnementales soutenues par les CSP et leurs domaines d'application prévus. Elle contribue également à évaluer les effets potentiels de ces pratiques agricoles sur les six indicateurs de santé des sols analysés, tout en permettant d'identifier les pratiques agricoles les plus efficaces pour la protection des sols.
L'approche développée vise à être facile à utiliser, à mettre à jour et à reproduire par les décideurs politiques et les évaluateurs. Elle montre comment des estimations approximatives quantifiées peuvent soutenir l'évaluation de la contribution estimée de la PAC actuelle aux objectifs environnementaux et de santé des sols et aider à la conception de la future architecture verte de la PAC.
Cet exercice de quantification peut également être considéré comme une première étape vers une méthode standardisée de suivi des effets de la PAC sur la santé des sols, dans le contexte de la nouvelle loi sur la surveillance des sols.
Les résultats restent des estimations approximatives. L'étude montre que des travaux supplémentaires sont nécessaires tant sur l'approche que sur les bases de données existantes afin de parvenir à des évaluations plus précises et plus complètes à l'avenir.
Dans l'ensemble, l'étude contribue à des évaluations plus précises et plus complètes. Elle souligne l'importance de maintenir et de développer davantage des bases de données scientifiques solides, telles que la bibliothèque de données sur les pratiques agricoles du Centre commun de recherche (JRC) et l'Observatoire des sols de l'UE (EUSO), afin d'étayer la conception et l'évaluation des politiques par des preuves scientifiques solides.
Le Réseau européen de la PAC, soutenu par le Helpdesk européen d’évaluation de la PAC, organisera au début du printemps un événement en ligne consacré au renforcement des compétences afin de présenter en détail la méthodologie de cette étude. Cet événement s'adresse aux évaluateurs et aux autorités de gestion chargés de l'évaluation des programmes spécifiques par pays. De plus amples informations seront disponibles sur le site web du Réseau européen de la PAC.