Méthodes par quantiles
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- Méthodes d'évaluation
- Gestion des données
- Cadre de Suivi et d'Évaluation de la Performance (CSEP)
- Cadre de suivi et d'évaluation.
Les méthodes par quantiles (fonction dose-réponse quantile (QDRF) et effet conditionnel du traitement quantile (QCTE)) aident les évaluateurs de la PAC à comprendre comment les aides affectent les différents types d'exploitations agricoles (par exemple, celles à faibles revenus, à revenus moyens et à revenus élevés), en mettant en évidence des tendances qui se cachent derrière les effets moyens. Cela les rend particulièrement utiles pour évaluer l'équité et cibler les différents aspects des mesures de la PAC.
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Notions de base
En bref
Les méthodes par quantiles permettent aux évaluateurs d'aller au-delà de l'effet moyen des aides de la PAC et d'examiner comment ces effets varient selon la répartition globale des exploitations agricoles (par exemple, les exploitations à faibles revenus, à revenus moyens et à revenus élevés).
Au lieu d’estimer un impact unique du soutien de la PAC sur un résultat (par exemple, le revenu), les méthodes par quantiles estiment les effets en plusieurs points de la distribution (tels que les 10ème, 50ème et 90ème centiles).
Cela permet d’identifier des tendances, par exemple si un euro supplémentaire de soutien a un impact plus fort sur les exploitations à faibles revenus ou si les exploitations les plus performantes en bénéficient davantage.
Par exemple, l’analyse par quantiles peut révéler si :
- un euro supplémentaire d’aide a un effet stabilisateur plus fort sur les exploitations situées au bas de la distribution des revenus (quantiles inférieurs) par rapport aux exploitations à revenus élevés (quantiles supérieurs) ;
- les gains de productivité résultant des subventions à l’investissement sont concentrés parmi les exploitations déjà très performantes ou sont répartis de manière plus uniforme ; et
- les paiements directs réduisent la volatilité des revenus principalement pour les petites exploitations ou celles à faibles revenus.
Les deux principaux outils sont :
- La QDRF examine comment différents niveaux (« doses ») d’aide influencent différents types d’exploitations le long de la distribution (par exemple, à faibles revenus par rapport à celles à revenus élevés). L’accent est mis sur la variation du montant de l’aide.
Exemple : imaginez que des exploitations reçoivent des montants différents d’aide à l’investissement : 0 EUR, 5 000 EUR, 10 000 EUR, 20 000 EUR. La QDRF vous indique, par exemple :
- Au 10ème centile (exploitations les plus pauvres) : une augmentation de l’aide de 5 000 EUR à 10 000 EUR augmente le revenu de X %.
- Au 90ème centile (exploitations les plus riches) : la même augmentation de l’aide n’a pratiquement aucun effet.
- Le QCTE estime comment l’effet du traitement varie entre les quantiles, sous réserve de bénéficier du traitement. Il compare les exploitations traitées et non traitées à chaque quantile. L'accent est mis sur la variation de l'effet lié à l'appartenance au groupe de traitement (traitement binaire).
Exemple : supposons que certaines exploitations reçoivent une aide à l'investissement (traitement = 1) et d'autres non (traitement = 0). Le QCTE estime :
- Au 25ème centile : le fait de recevoir une aide augmente le revenu de 2 000 EUR.
- Au 75ème centile : bénéficier d’un soutien augmente le revenu de 400 EUR.
Ces méthodes montrent comment le soutien de la PAC affecte des exploitations présentant des caractéristiques ou des conditions de départ très différentes, plutôt que seulement l’exploitation « typique » ou moyenne.
Les hypothèses clés sont les suivantes :
- La relation entre le soutien de la PAC et les résultats peut varier selon la distribution (effets hétérogènes).
- Le modèle statistique doit être correctement spécifié pour chaque quantile.
- Des données suffisantes doivent être disponibles sur toutes les parties pertinentes de la distribution pour produire des estimations fiables.
Avantages et inconvénients
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Mettent en évidence des effets hétérogènes : montrent qui bénéficie le plus (par exemple, les petites exploitations par rapport aux grandes, les exploitations à faibles revenus par rapport à celles à revenus élevés). | Techniquement exigeantes, nécessitant des connaissances économétriques avancées. |
| Vont au-delà des moyennes pour évaluer l’équité et les impacts distributifs du soutien de la PAC. | Nécessitent de grands échantillons ; les résultats peuvent être instables aux extrémités (quantiles très bas ou très élevés) s’il y a peu d’observations. |
| Plus complexes à expliquer à un public non spécialisé. |
Quand l’utiliser ?
Utilisez les méthodes par quantiles lorsque :
- La question politique porte explicitement sur les impacts distributifs (par exemple, le soutien réduit-il les inégalités de revenus ? qui bénéficie le plus d’une mesure ?).
- Les niveaux de soutien varient d'une exploitation à l'autre, et vous soupçonnez que les effets diffèrent selon les types d'exploitations ou les niveaux de revenu.
- Le soutien est largement accordé à (presque) l'ensemble de la population agricole (par exemple, les paiements directs découplés), de sorte qu'il n'existe pas de groupe témoin non traité clairement défini, et vous souhaitez exploiter la variation du niveau de soutien plutôt qu'une comparaison entre groupes traités et non traités ;
- Il existe de vastes ensembles de microdonnées (par exemple, RIDEA/RICA) et l’évaluation vise à aller au-delà d’un « effet moyen ».
- Elles constituent un bon complément aux méthodes d’effet moyen (par exemple, la DiD) lorsque les questions d’équité ou de ciblage sont centrales.
Conditions préalables
- De vastes ensembles de données transversales ou de panel (nombreuses exploitations, plusieurs années) pour obtenir des estimations fiables à différents quantiles.
- Traitement continu ou au moins à valeurs multiples (par exemple, niveaux de soutien variables, et pas seulement 0/1).
- Accès à des compétences et à des logiciels économétriques solides, car les méthodes par quantiles sont plus complexes que les méthodes standard.
Quand utiliser les méthodes par quantiles dans le cadre des évaluations du plan stratégique relevant de la PAC
Les méthodes par quantiles peuvent être utilisées pour analyser comment le soutien de la PAC affecte non seulement l’exploitation agricole moyenne, mais aussi l’ensemble de la distribution des résultats.
Ici, la « distribution des résultats » fait référence à la distribution de la variable dépendante (par exemple, le revenu agricole), mais les méthodes par quantiles peuvent être appliquées séparément ou de manière interactive à différents groupes d’exploitations (par exemple, par taille, type ou région) afin d’examiner si les effets de distribution diffèrent entre ces catégories.
Elles sont adaptées pour étudier comment le soutien influence :
- Le revenu agricole ou le revenu d'entreprise afin de déterminer si les exploitations à faible revenu gagnent proportionnellement plus (ou moins) que celles à revenu élevé.
- Le revenu des facteurs agricoles afin d'examiner les changements de répartition entre différents types d'exploitations.
- Les indicateurs de performance (par exemple, la productivité totale des facteurs) afin d'évaluer si le soutien profite principalement aux exploitations déjà très performantes ou s'il aide les exploitations moins performantes à rattraper leur retard.
- Les indicateurs environnementaux ou sociaux, à condition qu’ils soient mesurés au niveau de l’exploitation et que les schémas de répartition soient pertinents, par exemple comment le soutien affecte les exploitations à faibles émissions par rapport à celles à fortes émissions, ou les exploitations à faible intensité d’emploi par rapport à celles à forte intensité d’emploi.
Ces méthodes sont particulièrement utiles lorsqu’il est important de comprendre comment les résultats diffèrent d’une exploitation à l’autre, et pas seulement l’effet moyen. Cela est particulièrement pertinent pour des objectifs politiques tels que l’équité, la stabilité des exploitations vulnérables (résilience) et le soutien ciblé. Elles aident les évaluateurs à comprendre si les mesures de la PAC réduisent les disparités, renforcent les écarts existants ou produisent des effets hétérogènes qui peuvent être masqués lorsque l’on examine uniquement les impacts moyens.
Étape par étape
Étape 1 – Définissez le résultat et le traitement, par exemple le revenu agricole comme résultat, le niveau de soutien de la PAC comme traitement (continu).
Étape 2 – Choisissez les quantiles d'intérêt, par exemple les 10ème, 25ème, 50ème, 75ème et 90ème centiles,
Étape 3 – Estimez des modèles de quantiles (QDRF ou QCTE) pour obtenir les effets du soutien à chaque quantile, en contrôlant les caractéristiques pertinentes des exploitations (par exemple, la taille de l'exploitation, le type de production, la localisation, les prix des intrants, les conditions météorologiques), de sorte que les effets estimés du soutien ne soient pas faussés par des différences systématiques entre les exploitations.
Étape 4 – Comparez les résultats entre les quantiles, en déterminant si le soutien a des effets plus marqués pour les exploitations à faibles revenus, les exploitations médianes ou les plus performantes.
Étape 5 – Interprétez les résultats en termes de politique au regard des objectifs de ciblage, de redistribution et d’équité. Lors de l’interprétation des résultats, les évaluateurs doivent traduire les schémas de répartition en messages politiques clairs.
Par exemple, si le soutien génère des effets relativement plus importants pour les exploitations à faibles revenus, cela peut être considéré comme une preuve que la mesure contribue aux objectifs d’équité et à un meilleur ciblage des exploitations vulnérables, ce qui justifie le maintien ou le renforcement des objectifs visant ces groupes.
Si, en revanche, le soutien produit des effets relativement plus importants pour les exploitations à revenus élevés ou de plus grande taille, cela peut indiquer que la conception actuelle renforce les disparités existantes, ce qui suggère la nécessité d’ajuster les règles d’éligibilité, les formules de paiement ou la modulation/limitation afin d’améliorer la redistribution.
Un raisonnement similaire s'applique à d'autres résultats tels que la productivité ou la performance environnementale. Par exemple, si les gains de productivité se concentrent sur les exploitations déjà très performantes, ou si les améliorations environnementales se limitent à un petit groupe d'exploitations, cela peut motiver des recommandations visant à affiner les critères de ciblage ou les niveaux d'incitation afin que l'aide atteigne mieux les groupes sous-performants ou hautement prioritaires.
Principaux points à retenir
- Les méthodes par quantiles révèlent comment l'aide de la PAC affecte différents types d'exploitations sur l'ensemble de la distribution – et pas seulement l'exploitation moyenne. Elles permettent de déterminer si les exploitations à faibles revenus, à faible productivité ou autrement vulnérables bénéficient différemment du soutien par rapport aux exploitations plus performantes. Cela offre une vision bien plus complète que les seuls effets moyens.
- Elles sont particulièrement utiles pour évaluer les aspects de la PAC liés à l’équité, à la redistribution et au ciblage. Ces méthodes répondent directement à des questions telles que « Qui en bénéficie le plus ? », « Le soutien réduit-il les disparités entre les exploitations ? » ou « Les groupes vulnérables rattrapent-ils leur retard ou prennent-ils du retard ? » – des questions qui sont au cœur de nombreux objectifs de la PAC.
- Elles nécessitent de vastes ensembles de données et une expertise statistique avancée ; elles sont donc mieux utilisées par des analystes expérimentés en complément de méthodes plus simples. En pratique, l’analyse par quantiles est la plus efficace lorsque les évaluateurs ont accès à des microdonnées détaillées et ont la capacité d’estimer des modèles séparément sur l’ensemble de la distribution. Lorsqu’elles sont utilisées parallèlement à des approches plus conventionnelles, elles apportent des informations importantes qui, sans cela, resteraient cachées.
Tirer les leçons de la pratique
Ciliberti, S., Severini, S., Ranalli, M.G., Biagini, L., Frascarelli, A. (2022), Do direct payments efficiently support incomes of small and large farms?, European Review of Agricultural Economics, 49(4), 796–831.
Ciliberti et al. (2022) appliquent un modèle quantile d'effet de traitement continu aux données du RICA italien afin d'évaluer comment les paiements directs de la PAC améliorent les revenus agricoles sur l'ensemble de la distribution des tailles d'exploitations. Leurs résultats montrent que les réactions des revenus aux paiements directs sont plus fortes dans les grandes exploitations que dans les petites, et plus faibles dans les exploitations bénéficiant d'un niveau de soutien plus élevé. Cela suggère que les paiements directs ne sont pas particulièrement efficaces pour soutenir les revenus des petites exploitations et réduire les disparités au sein de la population agricole.
Pour en savoir plus
Évaluation de l'efficacité et de l'efficience des instruments de soutien aux revenus de la PAC
Les lignes directrices sur l'évaluation des instruments de soutien au revenu de la PAC proposent un cadre d'évaluation complet, comprenant des critères de jugement et des orientations techniques pour les analyses quantitatives.
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