General information
RDP Priority
- P1. Knowledge transfer and innovation
RDP Focus Area
- 2B: Entry of skilled/younger farmers
RDP Measure
- M16: Cooperation
Beneficiary type
- Operational group
Summary
RARES est un réseau opérationnel du PEI-AGRI qui rassemble 19 structures issues de différents domaines – agriculture, économie sociale et solidaire, recherche, entreprises agrirurales et établissements de l'enseignement agricole – afin de promouvoir la création et le maintien d'activités agrirurales dans la région Bourgogne-Franche-Comté en France.
Cette initiative est née de l'observation de la diversité des parties prenantes du territoire et de la prise de conscience du nombre croissant d'entrepreneurs agricoles en herbe au profil « atypique » et hybride. Ces entrepreneurs « agriruraux » aspirent à mettre en place des projets complexes combinant la production alimentaire avec des activités économiques tertiaires (dans l'économie sociale et solidaire, le tourisme et l'artisanat).
Pour soutenir ces futurs entrepreneurs, plusieurs parties prenantes bien établies de la région et liées à l'agri-ruralité, ont choisi d'unir leurs forces pour innover à travers un réseau de coopération sans précédent, RARES. Le réseau multipartite qui en résulte est ancré dans le territoire local et a mis en place une méthode de soutien globale adaptée à l'agriruralité, tout en veillant à une meilleure compréhension des spécificités de ces nouveaux profils.
Le projet promeut également la connaissance de l'agriruralité et contribue à mettre en avant et à soutenir la mise en place de projets menés par des femmes.
Results
Avantages climatiques et environnementaux :
- 22 structures agrirurales engagées dans des pratiques durables (77 % certifiées biologiques contre 15 % des exploitations agricoles conventionnelles) ;
- Toutes les structures étudiées ont un bilan carbone net faible ou négatif en raison de faibles émissions et/ou d'un stockage important du carbone, grâce à des pratiques culturales (agroforesterie/haies).
Avantages économiques :
- Les structures agrirurales disposant d'une petite superficie créent deux fois plus d'emplois par structure que les exploitations agricoles traditionnelles : les 22 structures agrirurales interrogées génèrent 84 emplois étroitement liés au territoire local ;
- Contribution au renouvellement générationnel dans l'agriculture (100 chefs de projet accueillis/an, 150 chefs de projet soutenus) ;
- Participation au développement économique des territoires et à la création de marchés locaux : 50 % des exploitations agricoles interrogées disposent d'un magasin à la ferme.
39 % des structures interrogées dans la région sont gérées individuellement par des femmes, contre 26 % dans toute la France.
Le projet RARES rend les initiatives des femmes dans les activités agricoles plus visibles en promouvant la connaissance de l'agri-ruralité.
Contexte
L'agriruralité se définit comme la combinaison de la production agricole avec d'autres activités, qu'elles soient directement liées à l'agriculture (comme la transformation et la vente directe) ou non (comme l'artisanat ou le commerce). Les différentes activités peuvent avoir des statuts sociaux, juridiques et fiscaux différents et exigent des chefs de projet qu'ils maîtrisent différentes compétences.
Les porteurs de projets agriruraux rencontrent de nombreux obstacles dans leur parcours pour s'établir, à la fois en raison de la diversité des activités qu'ils exercent et parce qu'ils n'ont souvent pas de formation agricole. Comme leurs projets ne s'inscrivent pas dans les schémas traditionnels d'installation agricole, il est difficile de trouver le soutien approprié pour leur mise en place et leur pérennité. Il était donc nécessaire de mettre en place un cadre de soutien spécifique.
Parmi les principaux obstacles figuraient le manque de connaissance des différents acteurs dans les domaines de l'entreprenariat agricole et économique, ainsi que des ressources disponibles sur le territoire.
Les profils agriruraux ne sont pas pris en compte par les institutions en France, où seules les installations bénéficiant d'un financement public font l'objet d'une collecte de données statistiques. Ils sont peu connus et disposent de peu de références, d'où la nécessité d'un observatoire de l'agriruralité.
Objectifs
L'objectif spécifique du projet était de promouvoir la création et le maintien d'activités agrirurales en Bourgogne-Franche-Comté et au-delà, en générant et en consolidant des emplois dans les zones rurales grâce à la promotion des ressources locales et à la création de liens sociaux. Parallèlement, le projet visait à offrir un soutien complet et efficace impliquant plusieurs parties prenantes aux responsables de projets agriruraux dans la région.
Parmi les autres objectifs figuraient le renouvellement du patrimoine agricole, l'implication des communautés locales et la création d'une dynamique locale favorable aux projets agriruraux. En outre, l'initiative visait à mieux comprendre l'agriruralité et les profils de ses acteurs, et à la faire reconnaître dans la conception des politiques publiques. Tout cela contribuerait à promouvoir la diversité de la production agricole et rurale, dans une perspective de durabilité sociale et économique et de préservation de la biodiversité.
Activités
La tâche principale consistait à créer un nouveau réseau de coopération fondé sur une compréhension commune entre les différents acteurs. Les responsables des projets agriruraux concernés ont travaillé ensemble à la version préliminaire d'une charte commune définissant un soutien et des convictions communs et partagés, établissant des règles fondées sur les valeurs de respect, d'écoute active, de bienveillance et de non-jugement. En outre, une analyse des pratiques professionnelles a été réalisée et facilitée par un sociologue, afin de contribuer à consolider ce travail.
Un observatoire de l'agriruralité a été créé, contribuant à établir l'agriruralité comme un nouveau domaine de recherche. Cette action cruciale, conçue dès le début du projet, a permis de produire des connaissances sur l'agriruralité, d'investir dans ce domaine de recherche et de répondre au besoin de disposer de références pour aider les structures d'accompagnement à améliorer leurs pratiques. L'observatoire est désormais soutenu par l'Institut AgroDijon et co-dirigé par le réseau RARES.
En s'appuyant sur les complémentarités des structures d'accompagnement impliquées dans le groupe opérationnel, ce dernier a développé des outils adaptés aux besoins spécifiques des différents porteurs de projets agri-ruraux (disponibles gratuitement). Parmi ceux-ci, on peut citer :
- Des réunions combinées : temps d'accompagnement dédié à un porteur de projet, réunissant les compétences de plusieurs coachs RARES.
- Un temps d'échange entre pairs : rencontre et networking des porteurs de projets et des agriculteurs agriruraux confirmés.
- Un module de formation aux projets agriruraux complémentaire à la formation déjà existante pour l'émergence et la création d'entreprises agricoles.
- Une boîte à outils sur l'agriruralité contenant des informations sur les meilleurs statuts juridiques, fiscaux et sociaux.
- Une plateforme collaborative sur l'agriruralité qui présente le réseau, rassemble les publications produites par l'observatoire, soutient la collecte de données et fonctionne comme un centre de ressources sur l'agriruralité et comme un espace de soutien multipartite.
Les huit territoires pilotes impliqués dans le processus ont accueilli des activités visant à créer des conditions favorables et un écosystème propice à l'accueil d'entrepreneurs agricoles à l'échelle locale. Il s'agissait notamment de rencontres d'initiatives citoyennes, réunissant des habitants, des élus, des agriculteurs, des résidents agriruraux et des porteurs de projets sur leur territoire, facilitant la mise en relation entre les parties prenantes et l'accueil des porteurs de projets.
Des actions de sensibilisation ont ciblé les élus et les acteurs territoriaux afin d'intégrer l'agriruralité dans les stratégies de développement local, tandis qu'un événement théâtral/de slam a permis de mettre en lumière les enjeux de l'agriruralité auprès du grand public.
Égalité entre les genres
L'analyse des profils des personnes issues du milieu agrirural rencontrées en Bourgogne-Franche-Comté montre le rôle important des femmes : 39 % des structures interrogées dans la région sont gérées individuellement par des femmes, contre 26 % de femmes parmi les chefs d'exploitation agricole en France.
En favorisant la connaissance de l'agriruralité, le projet RARES rend plus visibles les initiatives des femmes dans les activités agricoles. Le soutien apporté par le réseau RARES permet l'installation et la pérennité des structures agrirurales dirigées par des femmes.
Renouvellement générationnel
L'analyse des profils agriruraux réalisée en Bourgogne-Franche-Comté montre que la moitié des agriculteurs agriruraux sont âgés de 30 à 39 ans et que 70 % d'entre eux ne sont pas issus du secteur agricole. Il s'agit d'une cible importante pour le renouvellement générationnel.
Le réseau RARES cherche à apporter une solution à l'inadéquation entre les exploitations à reprendre (souvent trop grandes, trop coûteuses à reprendre, ateliers de production inadaptés, difficulté d'accès à la terre) et les profils spécifiques des porteurs de projets agriruraux, qui risquent souvent d'abandonner leurs projets parce que les exploitations disponibles ne correspondent pas à leurs besoins, que l'accès à la terre est difficile ou trop coûteux, ou parce qu'ils n'ont pas de formation agricole. RARES œuvre également pour une meilleure reconnaissance de ces nouveaux profils atypiques, notamment auprès des habitants locaux et de la communauté agricole établie.
Principaux résultats
Le projet a généré de nombreux avantages pour le climat et l'environnement. Les structures agrirurales s'engagent en faveur de pratiques durables, 77 % d'entre elles étant certifiées biologiques, contre 15 % des exploitations agricoles conventionnelles. Toutes les structures étudiées présentent un bilan carbone net assez faible, voire négatif, en raison de faibles émissions et/ou d'un stockage important du carbone grâce aux pratiques agricoles (telles que l'utilisation de haies). Chaque structure exerce en moyenne 2,6 activités agricoles différentes (et 2,5 activités non agricoles, telles que le tourisme, l'éducation et la vente directe). Cette situation, associée à la grande diversité des activités des structures agrirurales dans les territoires dominés par la polyculture et l'élevage, a conduit à la déspécialisation de ces territoires, ce qui constitue un autre avantage environnemental.
Sur le plan financier, les structures agrirurales de petite superficie créent deux fois plus d'emplois par structure que les exploitations agricoles traditionnelles. Les 22 structures agrirurales étudiées génèrent 84 emplois difficilement délocalisables en raison de leur lien avec le territoire. Le projet a également contribué au renouvellement générationnel dans l'agriculture, avec 100 chefs de projet accueillis chaque année et 150 chefs de projet participant au soutien RARES. Il stimule également le développement économique des territoires, avec la création de marchés locaux et 50 % des exploitations agricoles interrogées disposant d'un magasin à la ferme.
Sur le plan social, 80 % des agriculteurs interrogés vendent leur production en circuits courts.
Principaux enseignements
Le rassemblement d'un large éventail de parties prenantes a été essentiel à la réussite du projet. Le réseau RARES joue un rôle clé dans le renouvellement générationnel dans l'agriculture en favorisant la création d'activités agrirurales. Le réseau soutient les porteurs de projets qui se trouvent dans une zone d'ombre des systèmes actuels et qui ont besoin de nombreuses compétences pour couvrir toutes les facettes de leur projet.
Des structures très diverses, sans aucune habitude préalable de coopération, ont réussi à construire une base commune, en s'affranchissant des cadres institutionnels d'aide à l'installation et en imaginant des systèmes inexistants, dans une approche inventive et créative. Cela a été rendu possible en grande partie grâce à l'inclusion de parties prenantes issues de tous les domaines de l'agriculture et au-delà. Il s'agit notamment de structures de soutien à l'agriculture (dont des chambres d'agriculture), d'organisations du secteur économique, social et solidaire, de centres d'étude et de recherche, ainsi que d'établissements d'enseignement agricole et d'institutions agro-rurales.
Pour nous, vivre en milieu rural signifie aussi s'impliquer dans d'autres activités que la production agricole, afin de dynamiser le territoire. Lorsque nous vendons directement, nous disposons d'un réseau complet de consommateurs qui s'est constitué autour de nous, ce qui nous incite à faire autre chose, à diversifier les rencontres et les activités afin que le territoire puisse vivre.
Je pars satisfait de la richesse des échanges, et j'ai été agréablement surpris par l'effet « d'échange entre pairs » qui s'est produit naturellement. Cela a renforcé l'idée qu'il était essentiel de permettre la mise en commun, les échanges et de créer des occasions d'échanges entre pairs.
Contacts
Camille Prat