General information
RDP Priority
- P2. Competitiveness
RDP Focus Area
- 2A: Farm’s performance, restructuring & modernisation
RDP Measure
- M16: Cooperation
Beneficiary type
- Non-governmental organisation
Summary
Ce projet de coopération néerlandais a étudié comment les agriculteurs et les propriétaires fonciers peuvent générer des revenus grâce au stockage du carbone dans les sols, les arbres et les cultures biosourcées. Cinq projets pilotes concrets menés dans le sud des Pays-Bas ont testé des approches réalistes d’agriculture carbone associées à l’agriculture arable, à l’agroforesterie et à la production de biomasse.
Les agriculteurs ont collaboré avec des chercheurs, des conseillers et des investisseurs privés pour développer des modèles économiques capables de valoriser une gestion des terres respectueuse du climat. Les activités ont notamment consisté à tester des cultures de couverture, le travail réduit du sol, des systèmes agroforestiers et des cultures telles que le chanvre et le miscanthus, tout en mettant au point des outils de suivi pratiques utilisant des mesures sur le terrain, l’imagerie satellite et la télédétection.
Les résultats ont montré que des diversifications agricoles et des ajustements de l’utilisation des terres relativement simples peuvent créer de nouvelles sources de revenus précieuses liées à la séquestration du carbone. Les agriculteurs ont acquis une meilleure compréhension des marchés du carbone, des services climatiques et des opportunités de financement privé, tout en renforçant la qualité des sols et la résilience à long terme de leurs exploitations.
Ces bonnes pratiques constituent un modèle motivant pour créer des opportunités commerciales concrètes liées au climat, directement au sein des paysages agricoles et forestiers en activité.
Results
- Cinq projets pilotes, couvrant plus de 150 hectares, ont testé des approches de séquestration du carbone liées à la gestion des sols, à l’agroforesterie et aux systèmes de culture biosourcés.
- Plus de 50 agriculteurs ont participé directement à l’expérimentation de méthodes pratiques d’agriculture carbone et de modèles économiques liés aux crédits carbone et aux services écosystémiques.
- Le projet a contribué à l’extension du plus grand programme néerlandais de séquestration du carbone sur terres arables, qui couvre désormais plus de 1 000 hectares et représente plus de 8 000 tonnes de CO₂ vendues dans le cadre de partenariats avec des investisseurs locaux.
- L’échange de connaissances entre agriculteurs, conseillers, investisseurs et chercheurs a permis de mieux comprendre la gestion des terres respectueuse du climat, tout en jetant des bases plus solides pour les futurs marchés de l’agriculture carbone adaptés à l’agriculture néerlandaise.
Contexte
La séquestration du carbone passe rapidement du stade des débats scientifiques à celui des politiques agricoles courantes, alors que les gouvernements et les entreprises recherchent des moyens concrets de réduire les impacts climatiques tout en renforçant la résilience des terres. Les sols agricoles, les arbres et les cultures pérennes sont désormais reconnus comme de précieux réservoirs de carbone pouvant contribuer à l’atténuation du changement climatique tout en favorisant une agriculture productive.
De nombreux agriculteurs mettent déjà en œuvre des pratiques visant à améliorer la matière organique du sol, à diversifier les systèmes de culture ou à renforcer la biodiversité du paysage. L’agriculture carbone offre la possibilité de relier ces choix de gestion des terres à de nouvelles formes de revenus environnementaux liés aux marchés du carbone, aux services environnementaux et au financement climatique.
Les Pays-Bas ont accordé une grande attention au stockage du carbone agricole dans le cadre de leurs ambitions climatiques nationales, notamment en fixant des objectifs d’augmentation de la séquestration du carbone dans les sols agricoles. Malgré cet intérêt politique, de nombreux agriculteurs sont encore confrontés à des incertitudes concernant les systèmes de mesure, les règles de certification, la fiabilité du marché et les retombées économiques à long terme.
L’agriculture carbone peut paraître techniquement complexe et financièrement risquée en l’absence d’exemples concrets au niveau local montrant comment les modèles économiques peuvent fonctionner dans les conditions réelles d’une exploitation agricole.
Le sud des Pays-Bas offrait un environnement d’expérimentation idéal, car la région comprend des types de sols variés, des coopératives agricoles actives et des agriculteurs intéressés par l’innovation liée à la résilience climatique.
La coopération existante entre les propriétaires fonciers, les conseillers et les organisations agro-environnementales a créé des conditions favorables à l’expérimentation pratique.
Cela a fourni un cadre au projet pour mieux comprendre comment des changements relativement accessibles dans la gestion des terres pourraient générer des opportunités de revenus environnementaux fiables pour les agriculteurs et les sylviculteurs.
Objectifs
Le projet visait à développer des modèles économiques réalistes et évolutifs permettant aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers de générer des revenus grâce à des activités de séquestration du carbone liées aux sols, aux arbres et aux cultures biosourcées. La création d’incitations financières concrètes en faveur d’une gestion des terres respectueuse du climat à long terme constituait un objectif central des projets pilotes.
L’expérimentation de systèmes de suivi fiables et rentables visait à renforcer la confiance dans la certification carbone et à améliorer la transparence des futurs marchés du carbone liés à l’agriculture. Le projet prévoyait de combiner des mesures sur le terrain, la télédétection et des outils numériques au sein de systèmes de suivi, de rapport et de vérification (MRV) opérationnels, adaptés aux conditions agricoles néerlandaises.
L’amélioration des connaissances des agriculteurs sur les opportunités offertes par l’agriculture carbone constituait une autre ambition importante. Des essais pratiques et une coopération avec les acteurs du marché visaient à aider les agriculteurs à mieux comprendre les sources de revenus potentielles liées aux crédits carbone, aux services écosystémiques et aux approches de financement mixtes public-privé.
Le projet visait en outre à renforcer l’atténuation du changement climatique en augmentant le stockage du carbone dans les sols, la biomasse et les systèmes agroforestiers.
Activités
Le lancement du projet a débuté par la mise en place d’une coopération entre BoerenNatuur Brabant West, la ZLTO, l’Institut Louis Bolk, des agriculteurs pionniers et des acteurs du marché intéressés par les opportunités offertes par l’agriculture carbone. Les partenaires ont sélectionné cinq régions pilotes dans le sud des Pays-Bas en fonction des conditions du sol, des caractéristiques du paysage et de l’engagement des agriculteurs.
L’exploration des opportunités commerciales a constitué la prochaine étape de la mise en œuvre. Des analyses de marché ont permis d’identifier des entreprises et des organisations souhaitant soutenir la séquestration du carbone par le biais de crédits carbone ou de paiements pour services écosystémiques. Les discussions ont porté sur différents modèles financiers liés aux systèmes de certification, aux contrats à long terme et aux structures de financement mixtes public-privé.
Le lancement de cinq projets pilotes concrets a permis aux agriculteurs, aux conseillers et aux investisseurs de tester des méthodes de séquestration du carbone dans des conditions agricoles réelles. Les activités se sont concentrées sur le stockage du carbone dans les sols, les systèmes agroforestiers, les cultures biosourcées et les approches de « carbon insetting ». Les agriculteurs ont participé directement à des sessions de co-conception, décidant des pratiques à mettre en œuvre et de la manière de suivre les résultats.
L’expérimentation de changements concrets d’utilisation des terres est devenue un volet important de la mise en œuvre sur le terrain. Les exploitations pilotes ont introduit des cultures de couverture, des systèmes de labour réduit, des éléments d’agroforesterie et des cultures bio, telles que le chanvre et le miscanthus. Ces ajustements relativement accessibles ont permis d’explorer comment une gestion respectueuse du climat pouvait s’intégrer au sein d’exploitations agricoles productives.
L’élaboration de protocoles de suivi, de rapport et de vérification a constitué un autre axe d’activité majeur. Les chercheurs ont testé des calculateurs de carbone, l’imagerie satellite, les technologies de télédétection et des méthodes d’échantillonnage des sols afin d’améliorer la fiabilité tout en réduisant les coûts de suivi. Le financement de la PAC a permis de soutenir la validation pratique sur le terrain de ces systèmes.
Des activités d’échange de connaissances ont favorisé une diffusion plus large. Des workshops régionaux, des visites sur le terrain, des séances d’information et une conférence finale réunissant plus de 150 participants ont permis de partager les enseignements tirés avec les agriculteurs, les décideurs politiques, les conseillers et les acteurs du marché du carbone. Des brochures destinées au grand public, des mises à jour en ligne et des communications dans les médias ont encore renforcé la sensibilisation aux opportunités offertes par l’agriculture carbone.
Principaux résultats
- Cinq projets pilotes régionaux couvrant plus de 150 hectares ont permis d’acquérir une expérience concrète en matière de séquestration du carbone liée aux sols, aux systèmes agroforestiers et aux cultures bio. Les mesures effectuées sur le terrain ont révélé un stockage de carbone compris entre 1 et 4 tonnes de CO₂ par hectare et par an, en fonction des conditions du sol et des pratiques agricoles.
- Plus de 50 agriculteurs ont participé directement à l’expérimentation d’approches de gestion des terres respectueuses du climat, associées à des sources potentielles de revenus liés au carbone. Les cultures de couverture, le travail réduit du sol, l’agroforesterie et les cultures destinées à la biomasse ont fourni des exemples concrets montrant comment des adaptations agricoles relativement simples peuvent offrir de nouvelles opportunités de revenus tout en préservant une agriculture productive.
- Le développement et la validation de systèmes de suivi, de rapport et de vérification ont amélioré la transparence autour de la mesure de la séquestration du carbone. La combinaison d’échantillonnages de sol, d’imagerie satellite et de technologies de télédétection a renforcé la confiance des agriculteurs, des chercheurs et des acteurs du marché impliqués dans les futurs systèmes de certification carbone.
- Le projet a contribué à renforcer l’un des plus grands programmes néerlandais de séquestration du carbone sur terres arables, couvrant plus de 1 000 hectares et plus de 8 000 tonnes de CO₂, grâce à un financement par des investisseurs locaux.
- La coopération entre les coopératives agricoles, les entreprises privées, les chercheurs et les décideurs politiques a permis de créer des réseaux plus solides soutenant les futurs modèles économiques liés au climat au sein de l’agriculture néerlandaise. Les agriculteurs ont acquis une meilleure compréhension des marchés du carbone, des services environnementaux et des possibilités de combiner les aides de la PAC avec des financements privés en faveur du climat.
Principaux enseignements
- L’agriculture carbone est plus facile à adopter par les agriculteurs lorsque les opportunités commerciales restent concrètes, transparentes et étroitement liées aux décisions quotidiennes de gestion des terres. Des adaptations relativement accessibles, telles que les cultures de couverture, le travail réduit du sol ou les bandes d’agroforesterie, peuvent générer une valeur environnementale tout en offrant des retombées financières potentielles.
- Pour instaurer la confiance autour des marchés du carbone, il faut des systèmes de suivi fiables, étayés par des essais pratiques sur le terrain. La combinaison des technologies de télédétection et des mesures effectuées directement à la ferme a contribué à renforcer la confiance dans la certification carbone et à réduire l’incertitude tant pour les agriculteurs que pour les investisseurs.
- La coopération entre les organisations agricoles, les chercheurs et les entreprises locales s’est avérée particulièrement précieuse pour traduire la politique climatique en modèles économiques ruraux viables. Les entreprises locales ont manifesté un vif intérêt pour le soutien aux activités de séquestration à proximité, lorsque les investissements environnementaux restaient visibles au sein des paysages régionaux et des communautés agricoles.
- Les projets pilotes de bonnes pratiques ont en outre mis en évidence la manière dont l’atténuation du changement climatique peut renforcer la résilience globale des exploitations agricoles grâce à des sols plus sains, à des systèmes de production diversifiés et à une planification plus solide de la gestion des terres à long terme.
Ce projet a véritablement accéléré notre compréhension de la manière de faire de l’agriculture carbone une pratique viable et gratifiante pour les agriculteurs. Observer les projets pilotes en action confirme qu’avec les bons modèles et un suivi adéquat, l’agriculture carbone peut devenir une source de revenus durable.
Ma participation à ce projet pilote m’a ouvert les yeux sur les avantages réels de l’agriculture carbone, non seulement pour le climat, mais aussi pour améliorer la santé des sols et la résilience de mon exploitation. C’est une situation gagnant-gagnant.
La collaboration entre les agriculteurs, les chercheurs et les acteurs du marché dans le cadre de ce projet jette des bases solides pour étendre l’agriculture carbone au-delà de ces simples projets pilotes.